samedi 19 mai 2012

Les anges ont cueilli Warda

Lorsqu’elle chantait, les mélomanes étaient aux anges. À présent, ce sont les anges mélomanes qui doivent être ravis de sa présence parmi eux.
 
 

Warda al-Jazairia , l’un des derniers monstres sacrés du panthéon musical arabe est parti sur la pointe des pieds. Des millions de fans pleurent la «Rose d’Algérie» et l’accompagnent aujourd’hui à sa dernière demeure.
Après une enfance parisienne (elle est née à Puteaux, Paris, en juillet 1940, d’un père algérien, Mohammad Ftouki, et d’une mère libanaise de la famille Yammout), elle a eu trois terres d’accueil et d’amour : le Liban, l’Égypte et l’Algérie. Le public libanais l’a connue élégante comme une Parisienne, chaleureuse comme une Beyrouthine, drôle comme une Cairote et bosseuse comme une Algérienne. Mais à chacune de ses visites à Beyrouth, invitée notamment par le Festival de Baalbeck (en 2005 et en 2008), elle aimait réitérer son amour pour sa seconde patrie, le Liban, où elle a tenu l’un de ses derniers concerts en septembre 2011.


Une rose de l’espèce des «cœurbivores», elle a souvent été comparée à la géante Oum Kalsoum. Mais la discrète réfutait toute ressemblance, aussi honorifique soit-elle, et revendiquait son droit à « être moi-même, tout simplement ».


Elle apparaissait, sur scène ou devant les journalistes, la main sur le cœur (ce cœur si gros qu’il l’a lâchée, finalement) prés duquel elle avait suspendu, en médaillon, une prière «Macha’Allah» et un œil pour conjurer le mauvais sort. Car la vie n’a pas été très tendre avec la diva du monde arabe. Côté santé, d’abord, avec deux grosses opérations au cœur et au foie l’ayant éloignée un certain temps de la scène. Mais aussi sur le plan de la vie privée qui «clashait» parfois avec les exigences d’une carrière internationale. Une carrière qu’elle a entamée très tôt, à l’âge de onze ans, lorsqu’elle a commencé à chanter au Tam-tam, un établissement du Quartier latin appartenant à son père. Elle s’est fait alors connaître pour ses chansons patriotiques algériennes. C’est d’ailleurs suite à ces chansons qu’elle s’est trouvée obligée de quitter la France pour Beyrouth en 1958. Avec sa voix chaude et vibrante, sans oublier son engagement pour la cause algérienne, elle commence à se faire un prénom. Deux rencontres vont lui ouvrir, dès 1959, les portes du Caire. La première aura lieu au Tanios, le fameux «casino» de Aley. Deux soirs d’affilée, un visiteur de marque vient l’écouter. Flairant le talent de la jeune femme, le compositeur Mohammad Abdel Wahab la prend sous son aile et l’initie au chant classique. Il met en musique pour elle une «qassida » du «prince des poètes», Ahmad Chawqi, Bi-omri kullo habbetak. Premiers succès. Helmi Rafla, célèbre réalisateur de comédies musicales, vient en personne lui faire signer un contrat. Elle tournera sous sa direction Amirat al-Arab et al-Maz, qui font d’elle la coqueluche des Cairotes. Puis c’est au tour du compositeur exclusif d’Oum Kalsoum, Riad al-Sombati, de lui ciseler le bijou La’bat el-ayyam. Vers la fin des années 50, elle chantera devant Nasser, qui la reçoit en tant qu’ambassadrice de la cause algérienne. En 1962, elle décide de rejoindre la patrie qu’elle n’a jamais vue et interrompt sa carrière artistique.

 

jeudi 17 mai 2012

La diva de la chanson Arabe "Warda El Djazairia"

Warda El-Djazaïria laisse un héritage musical exceptionnel


Avec plus de 300 chansons à son actif, dont les inoubliables Dendana, Fi Youm ou leila, Batwannes bik, Harramt ahibbak, Essaidoune, Wahas, Andah alik ou encore Awqati btehlaw, Warda avait conquis le cœur de millions d’admirateurs, dépassant les frontières et les barrières en tous genres. Warda El-Djazaïria avait inspiré plusieurs artistes à travers le monde, comme la chanteuse américaine Aaliyah, qui avait repris la mélodie de Batwaness Bik pour son titre Don't know what to tell you, ou encore le réalisateur français Jean Becker qui avait intégré Haramt Ahebbak dans son film Elisa, avec Vanessa Paradis. Son parcours artistique fut grandiose. Au pays des pyramides où elle s’est installée dans les années 1970, elle connaît un grand succès en travaillant avec les plus grands compositeurs arabes comme Mohamed Abdel Wahab, Ryadh Soumbati, Hilmi Bakr ou Sayed Mekawi, et participe dans plusieurs films égyptiens en tant qu’actrice. Mais Warda El-Djazaïria n’est jamais loin de la polémique. Elle est fréquemment interdite d’antenne et de galas en Egypte, surtout du temps du président Sadate. Elle fait un retour éclatant à la fin des années 1990 avec Nagham el-hawa, le titre d’un album de compilation qui mêle orchestration classique et arrangements modernes. Tout dernièrement, Warda El-Djazaïria a tourné la vidéo de Ma Zal Wakfin, un titre patriotique pour le 50e anniversaire de l’Indépendance, faisant ainsi taire tous ceux qui lui demandaient de prendre sa retraite. Elle apparaît dans la vidéo portant une robe blanche ornée de roses rouges et vertes aux couleurs du drapeau algérien. Véritable icône, la diva du monde arabe était l’une des rares chanteuses capables de surmonter les barrières linguistiques et musicales. Elle nous laisse un héritage exceptionnel.
Mohamed Anis

Adieu la diva

Warda el djazaïria est décédée jeudi au Caire
 

Warda El Djazaïria est décédée, jeudi au Caire, à l’âge de 72 ans, victime d’une crise cardiaque, selon plusieurs médias électroniques.
Son corps sera rapatrié à Alger aujourd’hui, selon d’autres sources. La diva algérienne venait de participer à une campagne patriotique de l’opérateur de téléphonie mobile Nedjma avec sa chanson Mazalwaqfine.
De mère libanaise et de père algérien, la grande chanteuse, née en France, a été adoptée par l’Egypte. Forte d’un répertoire de plus de 300 chansons, Warda El Djazaïria a vendu plus de 20 millions d’albums à travers le monde, rappelle le site TSA.
L’enterrement aura lieu demain, samedi, au cimetière El Alia (Alger).

 
Adlène Meddi
Bouteflika veut que la célèbre chanteuse algérienne soit enterrée dans son pays.

La célèbre chanteuse algérienne Warda al-Jazairia est décédée ce soir d'une crise cardiaque au Caire, à l'âge de 73 ans, selon des informations rapportées par la chaîne panarabe al-Arabiya. Le président algérien AbdelAziz Bouteflika a demandé à ce que la chanteuse, née en 1939 d'un père algérien et de mère libanaise, soit enterrée en Algérie. Mais Warda sera enterrée au Caire.

Surnommée la "Rose algérienne", Warda avait comencé sa carrière de chanteuse à Paris dans un établissement appartenant à son père. Elle commence très jeune avec des reprises de chansons des plus grands, les Egyptiens Oum Koulsoum, Mohamed Abdelwahab et Abdelhalim Hafez, avant d'interpréter ses propres chansons sur des airs composés par Sadeq Thuraya, son mentor tunisien.

Connue dans le monde arabe pour ses chansons patriotiques durant la guerre d'Algérie, Warda commence à travailler en Egypte où elle collabore avec des grands de la musique, comme Abdelwahab.
Après l'indépendence de l'Algérie, elle retourne au pays et se marie en 1962.

Dix ans plus tard, elle s'installe en Egypte où elle interprète quelques unes de ses chansons les plus connues et joue dans plusieurs films. Elle atteint l'apogée de sa carrière après sa rencontre avec Baligh Hamdi, compositeur de renommée, qui devient son époux.


Avec plus de 300 chansons, cette diva de la chanson d'amour a vendu plusieurs dizaines de millions d'albums à travers le monde. Une de ses chansons, "El Ghala Yenzad", fait l’éloge de la famille du Prophète, mais aussi de l'ancien leader libyen Mouammar Kadhafi. A cause de cette chanson, la chanteuse algérienne avait été interdite en Égypte durant trois années. Warda avait dû intervenir auprès de Jihane Sadate, la femme du président égyptien à l'époque, afin que ce dernier daigne lever cette interdiction.


Trois mois avant sa mort, elle avait adressée une lettre ouverte aux officiels de la chaîne qatarie al-Jazira, la critiquant pour sa couverture du printemps arabe.

"Vous avez tué des milliers de Libyens et vous continuez de faucher un grand nombre d’innocents en Syrie (…) Vous jurez n’avoir porté aucune arme, et moi je vous réponds que vous avez l’arme de destruction massive la plus puissante : les médias. Si vous faites un mauvais usage des médias, vous tuerez les fils de l'arabisme", aurait-elle écrit selon différents médias qui ont rapporté l'histoire. "Si vos maîtres touchent leur salaire du pétrole, vous touchez les vôtres du sang arabe parce que vous êtes des marionnettes dans leurs mains sales, et plus vous mentez, lancez des fatwas et faites perdre la vie aux gens, plus vous êtes payés !", aurait également écrit Warda en s'adressant à al-Jazira.